"C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité" - Jean JAURES

"La protection douanière est notre voie, le libre-échange est notre but " - Friedrich LIST

"Le problème avec le socialisme, c'est que, tôt ou tard vous êtes à court de l'argent des autres" - Margaret THATCHER

"Le changement du monde n’est pas seulement création, progrès, il est d’abord et toujours décomposition, crise " - Alain TOURAINE

"La seule cause de la dépression est la prospérité" - Clément JUGLAR

"Un Economiste peut commettre deux erreurs, la première consiste à ne pas calculer et la seconde à croire en ce qu’il a calculé" - Michal KALECKI

"La productivité est la mesure du progrès technique" - Jean FOURASTIE

"Chaque génération se doit de payer ses propres dettes. Respecter ce principe éviterait bien des guerres à l'humanité" - Thomas JEFFERSON

"Christophe Colomb fut le premier socialiste. Il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait, et ce aux frais du contribuable." - Winston CHURCHILL

"La seule fonction de la prévision économique, c’est de rendre l’astrologie respectable " - GALBRAITH

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Mussolini brûle la dette italienne

17 mai 2022

En 1928, Benito Mussolini brûle symboliquement la dette publique italienne sur la flamme de l’Autel de la Patrie à Rome : « J’estime que l’Etat, déclare-t-il, doit intervenir le moins possible. J’ai laissé conduire au cimetière bien des banques. J’ai préféré les laisser mourir que d’infliger au contribuable italien des charges de plus en plus lourdes pour sauver des imbéciles ou des voleurs ».

Mussolini dette italienne

 

Parfois pris en exemple, dans les pays actuellement les plus endettés, par les partisans d’un défaut partiel, voire total, décomplexé, ou par les nostalgiques d’un État fort capable de s’émanciper de ses créanciers, cet épisode n’est cependant pas pleinement cohérent avec la politique économique fasciste telle qu’elle a été déroulée depuis l’arrivée au pouvoir du fondateur du fascisme en 1922.

L’ampleur de la dette publique italienne a pour origine la Première Guerre mondiale, une victoire qui a coûté très cher à l’Italie sur les plans humain et économique. Le pays est alors largement tributaire des puissances anglo-saxonnes, ses banquiers. Entre 1919 et 1922, il subit une grave crise économique qui rend le budget de l’État systématiquement déficitaire et accroît donc encore son endettement. Sitôt installé, le régime fasciste adopte une politique économique d'orientation libérale jusqu’en 1926, le duce déclarant : « il faut en finir avec l'État ferroviaire, avec l'État postier, avec l'État assureur » ; ou encore : « je pense que l'État doit renoncer à ses fonctions économiques et surtout à celles qui s'exercent par des monopoles, parce qu'en cette matière l'Etat est incompétent ». Dès lors, l’État italien privatise plusieurs monopoles, réduit la fiscalité et renonce à l’exécution de certains travaux publics.

Ce libéralisme prend fin avec la déflation de 1926 qui rend insoutenable la dette publique. L’État fasciste devient alors interventionniste : il acquiert la majorité des titres détenus par les banques pour contrôler de nombreuses activités du secteur privé, favorise la concentration des entreprises et mène une politique de grands travaux. Mussolini défend désormais le principe d’une subordination de l’économique au politique : « Prétendre que les faits économiques suffisent à expliquer l’histoire humaine, à l’exclusion des autres facteurs, est une absurdité. Le fascisme croit encore et toujours à la sainteté et à l’héroïsme, c’est-à-dire aux actions dans lesquelles n’agit aucun motif économique proche ou lointain ». Une philosophie plus conforme avec la consumation de la dette publique

 

 

Citation

Romain Treffel, « Mussolini brûle la dette italienne », analyse publiée sur «leconomiste.eu» le 11/16/2016. Anecdote économique extraite du recueil intitulé « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire ».

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